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04/09/2010

EuReka!

portrait.jpgSi vous vous promenez du côté du Parc Royal de Bruxelles, ne vous étonnez pas en apercevant les portraits d'une quarantaine de personnes affichés sur les grilles. Qui sont-ils? Eh bien, ce sont des chercheurs. Près de 13 000 personnes travaillent dans le domaine de la recherche à Bruxelles. Afin de permettre au public de découvrir qui elles sont, mais aussi ce qu'elles cherchent, une exposition met en avant 48 chercheurs à l'occasion de la Présidence belge de l'Union européenne.

Mis en scène par la photographe Denia Zerouali, ces portraits léchés, épurés et même parfois très drôles, montrent en quelque sorte que la recherche, ce n'est pas seulement les messieurs et madames à la blouse blanche, les laboratoires aseptisés et les microscopes. Basta donc l'idée du savant fou inaccessible! Ces personnes sont vos voisins, vos amis, vos partenaires de sport, etc. Du laborantin à l’égyptologue, en passant par le pédiatre et l’économiste, chacun de ces chercheurs travaillent dans des domaines très différents et parfois méconnus, mais souvent complémentaires: Observez bien ces photographies et vous découvrirez également toute la passion qui s'y dégage.

L’exposition “euReka! 48 chercheurs sous la loupe”, jusqu'au 30 septembre sur les grilles du Parc Royal de Bruxelles.

Stéphanie Carion

 

 

03/09/2010

Le pire est évité. Le meilleur aussi ?

 Pour tirer un bilan de la présidence belge, il faudra néanmoins attendre… sa fin.

presidence.jpg

La crise politique belge et des vacances européennes restées calmes ont presque fait oublier que ministres fédéraux, régionaux et communautaires président toujoursl’Union, et ce, encore, jusqu’au 31 décembre 2010. Un bon cru en perspective ? Notons d’abord qu’une bonne présidence parvient, grâce à ses talents de médiatrice, à faire avancer ou adopter des législations et décisions européennes dans des domaines aussi variés que la pêche à l’anchois, la taxe bancaire, le brevet communautaire, la sécurité des travailleuses enceintes, l’eurovignette ou les émissions de CO2 des camionnettes. Experts, diplomates et ministres belges, tous sont concernés. Notons ensuite que dresser un bilan dès à présent, alors que les affaires reprennent à peine, ou s’interroger sur les chances de réussite de l’exercice semestriel se révèle vain quatre mois avant sa fin. D’autant que des "surprises" restent possibles.

Rappelez-vous, on a connu des présidences belges chamboulées par l’actualité. Celle de 2001 en fournit l’exemple le plus spectaculaire : le Premier ministre Guy Verhofstadt, qui avait surtout prévu de donner du souffle aux réformes institutionnelles, s’était retrouvé le 11 septembre, jour des attentats aux Etats-Unis, à devoir gérer la toute nouvelle priorité mondiale qu’était subitement devenue la lutte contre le terrorisme. C’est ainsi qu’il avait pu faire adopter par les Quinze, et, en un temps record, le mandat d’arrêt européen et une définition des crimes de terrorisme.

On a connu aussi des présidences difficiles, comme dans les années 60, lorsqu’il s’agissait de composer avec les velléités gaullistes ou, en 1982, quand il fallait gérer la frigidité européenne de Margaret Thatcher sur le budget européen. Qui sait donc ce qui attend la présidence belge de 2010 ? A fortiori cette drôle de présidence qui, gérée (en partie) par un gouvernement en affaires courantes, attend un changement d’attelage ministériel sans savoir s’il aura finalement lieu en cours de semestre ou pas ! Difficile de se donner corps et âme à sa présidence européenne lorsqu’on se trouve sur un siège éjectable.

L’incidence de la crise belge sur la tenue de la présidence existe, sans être catastrophique pour autant. En réalité, la Belgique ternit sa propre image, plus qu’elle n’entrave la bonne marche de l’Union européenne.

Plusieurs éléments permettent de minimiser l’apparente gravité de la situation. Un : la présidence semestrielle a perdu de sa visibilité et de son importance avec l’entrée du Belge Herman Van Rompuy et de la Britannique Catherine Ashton sur la scène européenne. Deux : le programme, longuement préparé, a été négocié et adopté par tous les grands partis politiques belges, y compris ceux qui, comme les nationalistes de la N-VA, ont de grandes chances d’accéder au pouvoir demain (ou après-demain). Trois : les ministres régionaux et communautaires, qui pour leur part restent en place, présideront normalement leur formation du Conseil. Quatre : la Belgique, en tant que membre fondateur, s’acquitte de sa tâche pour la 12e fois et les nouveaux ministres (éventuellement novices) pourront à tout le moins s’appuyer sur une diplomatie et une administration belges qui ont acquis par le passé une longue expérience "présidentielle".

Le pire est évité, mais le meilleur probablement aussi...

Sabine Verhest

29/08/2010

La pauvreté des enfants: on en parle à Marche

pauvrete.jpgPlus besoin de le rappeler, 2010 a été décrétée “Année européenne de lutte contre la pauvreté”. Outre les différentes conférences, les séminaires, les rencontres, les enquêtes, les campagnes de communication, les actes symboliques programmés, les groupes de travail, les publications, etc., certains États membres sont très actifs. C’est le cas notamment de la Belgique qui a un rôle important à jouer puisqu’elle préside le Conseil de l’Union européenne jusqu'au mois de décembre. Parmi les manifestations de sensibilisation, une conférence européenne sur la pauvreté des enfants est organisée ces 2 et 3 septembre à Marche-en-Famenne. C'est le secrétaire d'État Philippe Courard qui la présidera.

Cette conférence rassemblera plus de 300 participants de divers horizons et issus de toute l'Europe. Tous les domaines de la pauvreté des enfants seront abordés: revenu et allocations familiales, éducation et accueil, santé, nutrition, logement, soutien des parents, accès au sport et à la culture, etc. La princesse Astrid sera présente pour l'inauguration, tandis que la princesse Mathilde participera à la clôture.

La pauvreté, un fléau qui touche aussi l'Europe


2010.jpgL’un des objectifs de l’Union européenne est d’améliorer les conditions de vie et d’emploi de sa population. Si, aujourd’hui, de sérieux progrès ont été réalisés, la pauvreté reste un gros obstacle. Près de 79 millions d’Européens vivent sous le seuil de pauvreté.  Un Européen sur dix évolue dans un ménage sans travail. Mais avoir un emploi ne résout pas tout puisque 8% des travailleurs sont également pauvres. Or, la pauvreté et l’exclusion sociale sont contraires aux principes de solidarité et de justice sociale défendus par l’Union européenne.

Il faut dire aussi que l’élargissement de  l’Union a entraîné une augmentation du taux de pauvreté puisqu’il est nettement plus élevé dans les nouveaux États membres. Un petit exemple : en Suède, le taux est de 9% alors qu’en Lituanie, il est de 21%, c’est-à-dire plus du double.

L’année européenne de Lutte contre la Pauvreté et de  l'exclusion sociale, c’est donc l’occasion de mettre en évidence les grands problèmes de la pauvreté comme le surendettement ou le sans-abrisme. L’année 2010 est d’autant plus spéciale qu’elle coïncide avec l’échéance de la stratégie décennale de l’Union en faveur de la croissance et de l’emploi. Une manière donc de réaffirmer l’engagement européen à effacer  la pauvreté.

Parce que la pauvreté touche d'abord les enfants


pauvrete2.jpgLes enfants sont de plus en plus atteints par ce fléau. S’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils vivent dans des foyers touchés par le chômage avec une aide au revenu insuffisante, ou alors parce que leurs parents ne gagnent pas assez. En tout, dans l’Union européenne, leur niveau de pauvreté est très élevé avec 19% des enfants concernés.

Dans la plupart des pays européens, les enfants sont davantage exposés à la précarité que le reste de la population (sauf au Danemark, en Finlande, Slovénie, dans la République de Chypre, en Allemagne et en Belgique). Sur le territoire de l'Union européenne, 67,6% des enfants issus de ménages sans emploi sont exposés au risque de pauvreté. Et 13% des enfants dont les parents travaillent vivent tout de même dans la précarité.

Les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui combinent l’accès à l’emploi avec des services de soutien (garde d’enfants, etc.) et des aides au revenu. Nous y retrouvons l’Autriche, la République de Chypre, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, la Suède et la Slovénie. Les pays les plus touchés par la précarité des enfants ne sont pas spécialement ceux où le taux de chômage est le plus élevé, mais ceux où les parents gagnent moins ou dont l’aide sociale est faible (Grèce, Espagne, Italie, Lettonie, Lituanie, Grand-duché de Luxembourg, Pologne et Portugal).

Plus d'infos sur l'année 2010: www.2010againstpoverty.eu

Stéphanie Carion

25/08/2010

Retour à l’école !

ecole.jpgEt si les fonctionnaires européens retournaient sur les bancs de l’école, le temps d’une journée… L’idée est de sensibiliser les jeunes à l’action de l’Union européenne. Pas la peine de les imaginer en culotte courte/bretelles, le cartable sur le dos, même si cet interlude imaginatif peut faire sourire. Ici, il s’agit plutôt d’une rencontre avec les élèves, de préférence dans l’ancienne école des fonctionnaires qui participent à cette action.

Le projet « Retour à l’école » a été lancé en 2007 par la Commission européenne et le gouvernement allemand pour le 50e anniversaire du traité de Rome. Les présidences successives du Conseil de l’UE ont ensuite pris le relais. Cette année, onze pays participent au programme.

Les fonctionnaires impliqués dans cette aventure sont de tous niveaux. Ainsi, Kristalina Georgieva, la commissaire chargée de l’Aide humanitaire, s’est rendue au printemps dans un lycée à Elena, en Bulgarie. Les élèves, âgés de 13 à 17 ans, ont été plutôt curieux aux vues des nombreuses questions posées, notamment sur la vision de l’Europe. La commissaire a écouté leur point de vue et les a interrogés sur ce que représente pour eux le fait d’être Européens. On peut critiquer les institutions européennes pour leur distance et leur manque de clarté face aux citoyens, mais le projet « Retour à l’école » permet de rapprocher les institutions et les jeunes générations. Les élèves ont l’occasion de s’informer sur l’UE d’une manière différente, en profitant de l’expérience de ceux qui sont directement impliqués dans la construction européenne.

Pour la Belgique, les visites des fonctionnaires belges dans leur ancienne école sont programmées pour le 28 octobre.

Stéphanie Carion

12/08/2010

Bonjour, Hello, Buongiorno, Hola, Guten tag …

traducteur.jpgAvez-vous déjà entendu parler de Ioannis Ikonomou? Ce Grec de 45 ans est (on peut le dire) un extraterrestre polyglotte. Alors que certaines personnes galèrent à apprendre une deuxième langue, ce fonctionnaire européen en connaît pas moins de 42, qu'il parle couramment. Inutile de vous dévoiler dans quel département il travaille, la traduction est évidemment son métier.

Pendant que ses camarades préféraient s'adonner au football, à l'âge de cinq ans, Ioannis, lui, suivait des cours d'anglais. Difficile à croire pour un enfant grec, mais le foot, ça ne l'intéressait pas vraiment. Le jeune garçon enchaîne ensuite avec l'allemand lors de vacances en Crète. Avant de quitter le Lycée, il maîtrisait déjà l'anglais, l'allemand, l'italien et le turc, en plus de sa langue maternelle. Un amoureux des langues? A ce stade, il est impossible d'en douter. Toute son enfance, Ioannis l'a passée dans les dictionnaires et les livres à la découverte des langues, des cultures, des pays et des différentes cuisines du monde. Pour lui, la langue la plus compliquée est le hongrois, alors que le chinois est à ses yeux une langue simple, mais tellement différente. Le prochain challenge: l'amharique, la langue officielle de l'Éthiopie, l'estonien et le maltais.

23 langues officielles dans l'Union européenne

langues2.jpgLorsqu'on se trouve face à un tel phénomène, on ne peut que se dire que la barrière linguistique n'est pas insurmontable, même si ce n'est évidemment pas donné à tout le monde. L'Union européenne englobe actuellement 27 états. Contrairement aux Etats-Unis, où de la côte Est à la côte Ouest, les Américains se comprennent en anglais, les Européens parlent 23 langues différentes, sans compter les dialectes et les patois. Pour l'Union européenne, la langue et l'identité sont intimement liées, la langue étant l'expression d'une culture. Les politiques linguistiques ont d'ailleurs été développées pour faire respecter la diversité linguistique, promouvoir justement ce multilinguisme et si nécessaires protéger les langues menacées.

Au moment de son adhésion à l'union, chaque pays détermine sa ou ses langues officielles. La liste de ces langues doit ensuite être approuvée par les gouvernements et comprend donc au moins une des langues nationales de chaque pays. Par exemple, l'Irlande n'a pas opté pour le gaélique (pourtant première langue nationale) lors de son adhésion. Mais il est devenu la 23e langue officielle de l'Union européenne en 2007. L'Espagne n'a pas présenté non plus le catalan, le basque ou le galicien, mais bien l’espagnol. L'Union européenne est consciente de sa responsabilité et admet donc une mosaïque de langues officielles contrairement à tout autre organisme international. La Charte des droits fondamentaux de l'UE proclame ainsi  le respect de la diversité linguistique.

La démocratie, cela signifie entre-autre de pouvoir s'exprimer dans sa propre langue. Les députés européens ont donc le droit de débattre dans la langue officielle de leur choix. Tous les documents officiels doivent également être traduits et disponibles dans les différentes langues. Pour les réunions de commissions parlementaires, les traductions orales s’exécutent dans onze langues.

langues.jpgSelon un récent sondage Eurobaromètre, seule la moitié des citoyens européens déclarent être capables de tenir une conversation dans une autre langue que leur langue maternelle. C'est pour cette raison que l'Union européenne propose notamment des programmes comme les échanges universitaires (Erasmus).

A la question, est-ce que l’Union européenne deviendra un jour une entité unique comme les Etats-Unis, avec une langue officielle commune, beaucoup répondront que c’est une utopie aux vues déjà des difficultés linguistiques relevées dans bon nombre de pays. D’autres y verront comme la fin de ce qui fait la richesse de l’Europe. L’Union européenne en est consciente et veille à préserver cette particularité, puzzle essentiel de notre identité nationale et européenne.

 

Stéphanie Carion

Un tapis floral à l'heure européenne

04photo.jpg
Tous les deux ans, la "plus belle place du monde" s'habille de mille et une couleurs avec son traditionnel tapis de bégonias. Présidence européenne en trio oblige, le thème de l'Europe est dans l'air du temps. La composition florale de 1.800 m2 se décline ainsi dans les trois versions du logo "eu" aux couleurs nationales de l'Espagne, de la Belgique et de la Hongrie.
A voir jusqu'au 15 août sur la Grand-Place de Bruxelles.

06/08/2010

A la recherche de la personne disparue

quete.jpgComment découvrir l’Europe à Bruxelles si ce n’est de manière ludique… A l’occasion de la présidence belge, l’association Ryckevelde a lancé une idée pour le moins originale : « OpspEUring verzocht », une quête à travers le quartier des institutions européennes. Alors comment ça marche ? Chaque participant déambule les rues de Bruxelles à la recherche d’une personne disparue, en l’occurrence monsieur Eugène Van Ryckevelde. Pour vous aider à le dénicher, des avis de recherches, des appels inquiets de l’épouse du disparu et pleins d’autres indices sont disponibles sur le site internet www.youcanbe.eu, mais uniquement en néerlandais (pour le moment) suite à un manque de financement. Une difficulté supplémentaire qui s’ajoute malheureusement pour les francophones, mais l’occasion d’approfondir la langue de Vondel, pourquoi pas…

Comme Bruxelles, c’est grand et que le but est principalement de faire découvrir les institutions européennes, un parcours a été élaboré. Il débute à la gare de Bruxelles-Schuman et s’arrête à la gare de Bruxelles-Central. L’occasion donc de se familiariser avec ce gros bazar parfois tant éloigné du public qu’est l’Union européenne, mais aussi de se promener dans la ville tout en en découvrant un aspect peu connu et néanmoins tout aussi intéressant de Bruxelles.

Qui peut y participer ? Eh bien toutes les personnes intéressées, des plus petits aux plus âgés. Chaque groupe peut se présenter sous une organisation d’adultes, une classe, une famille, une association, un groupe de collègues, un groupe d’amis… Bien entendu, les questions sont adaptées en fonction des participants. Les enfants répondront à des questions spécifiques et les missions seront adaptées à leur âge. Les jeunes pourront privilégier les tâches physiques, tandis que les groupes moins mobiles préféreront les tâches de réflexion. Il y en a donc pour tout le monde, même la longueur du parcours peut être ajustée en fonction des personnes et des conditions météorologiques, puisque nous sommes tout de même en Belgique.

Une fois la mission remplie, la quête menée à bien et le lieu où se cache le fameux Eugène découvert, les participants remporteront peut-être des prix. Un concours récompensera aussi le groupe qui aura posté la plus originale (et accessoirement, la plus européenne) des photos de leurs aventures sur le site internet. Donc voilà, une occasion supplémentaire pour les plus détectives d'entre vous de comprendre l’impact de l’Union sur nos vies et surtout de réaliser que tout compte fait, elle n’est pas si loin de nous cette Europe un brin maladroite quand il s’agit de communiquer.


Informations pratiques
Cette opération se déroule jusqu’au mois de novembre 2010. Les gagnants des concours seront annoncés au début du mois de décembre. Elle est totalement gratuite. Il est possible de télécharger tous les documents utiles (itinéraire et tâches à accomplir) sur le site web de l’opération. Plus d’infos : www.ryckevelde.be/ ou au + 32 (0)50 35 27 20

Stéphanie Carion

01/08/2010

L’Islande bientôt dans l’Union européenne ? L’élargissement, comment ça marche ?


Islande.jpgOn l'a appris cette semaine, l'Europe et l'Islande ont entamé les négociations d'adhésion. “Enfin”, diront certains. Mais les choses ne sont pas si simples... Tout pays européen qui respecte les valeurs européennes peut présenter sa candidature à l’Union européenne. Seulement, avant que la réponse soit positive, plusieurs étapes doivent être franchies. Explications.

Un an presque jour pour jour après que l'île atlantique ait déposé sa candidature pour entrer dans l'Union européenne, l'Islande, la présidence belge de l'UE et la Commission ont entamé les négociations pour près de 18 mois. Pourquoi avoir autant attendu? Longtemps, l'Islande n'a pas jugé nécessaire de faire partie de l'Union européenne. Pourtant, l'île connaît déjà un haut niveau d'intégration puisqu'elle est membre de l'Espace économique européen (EEE) depuis 1994 et de l'espace Schengen depuis 2000.

Alors en être ou ne pas en être? Les Islandais affichent une certaine frilosité. Ils semblaient prêts à se jeter dans les bras de Bruxelles au plus fort de la crise en 2008. Les banques, l'une des principales sources de revenus du pays, ont du surmonter les faillites. L'Islande était considérée comme l'un des pays les plus prospères du monde, mais a été contrainte de solliciter l'aide du Fonds monétaire international. Alors aujourd’hui, pourquoi de nouvelles réticences de la population ? C’est pourtant elle qu’il faudra surtout convaincre. Selon un dernier sondage publié en juin, ce serait loin d’être gagné. Le « non » est majoritaire à 60% contre 54% en novembre. La petite île volcanique se porte mieux, la fierté nationale est retrouvée, alors que faire de l’Union européenne ?islande2.jpg

Un deuxième obstacle établit que le processus de négociations « ne sera pas une promenade de santé », comme l’a rappelé le commissaire à l’Elargissement Stefan Füle. De sérieux points opposent l’Islande et l’Union européenne. Tout d’abord, la pêche. L’Islande souhaite protéger ses pêcheries des bateaux européens, les eaux islandaises sont donc fermées. Il y a aussi la pêche à la baleine. Elle est autorisée en Islande, mais interdite dans l’Union. Et puis, les dossiers financiers font également l’objet de discordes, notamment suite à la faillite de la banque Icesave qui a ruiné de nombreux clients britanniques et néerlandais. Les deux états ont du indemniser leurs propres ressortissants.
L’Islande se présente donc comme un bon élève à l’adhésion européenne, mais le parcours est encore long. Comment décrète-t-on qu’un pays est prêt à entrer dans l’Union européenne, qu’elles sont les étapes ?


Comment un pays intègre-t-il l’Union européenne ? Les étapes


P1010117.JPGN’entre bien entendu pas dans l’Union européenne qui le veut, comme par magie. Ce serait trop facile et trop dangereux. Tout état européen peut demander à devenir membre de l’Union européenne s’il respecte les principes démocratiques fondamentaux de l’UE. Mais, ce n’est pas tout. L’Union a fixé des critères politiques et économiques pour l’adhésion. Plusieurs étapes doivent donc être franchies.

Depuis l’origine, la construction communautaire s’est toujours voulue ouverte à d’autres pays européens. L’Union européenne est encore en plein processus d’élargissement après cinq grandes vagues qui ont permis de passer de six membres à vingt-sept aujourd’hui. Quatre pays sont candidats : la Croatie, la Turquie, l’ancienne République yougoslave de Macédoine et l’Islande.

Pour commencer, le pays qui souhaite rejoindre l’Union européenne dépose sa candidature. Le Conseil de l’Union européenne reconnaît ensuite le statut de candidat officiel à un pays, à la lumière des recommandations de la Commission européenne. Mais attention, le pays candidat n’est pas encore admis, loin de là même.

Une fois candidat, le pays doit se soumettre à la stratégie de pré-adhésion. Elle permet au futur état européen de se familiariser avec les procédures et les politiques de l’Union. Il peut ainsi participer à des programmes communautaires et recevoir une aide financière.

Pour que le Conseil européen décide d’ouvrir les négociations, trois critères doivent être réunis pour qu’un pays puisse adhérer à l’UE : le critère politique (institutions stables garantissant la démocratie, l'Etat de droit, le respect des minorités et leur protection), le critère économique (économie de marché viable et capable de faire face aux forces du marché et à la pression concurrentielle à l'intérieur de l'Union), et l’acquis communautaire (aptitude à assumer les obligations découlant de l'adhésion, et notamment à souscrire aux objectifs de l'Union politique, économique et monétaire). Ce sont les critères de Copenhague.traité.jpg

Depuis le Conseil européen de Madrid en 1995, les pays candidats doivent également être capables d’appliquer les règles et les procédures communautaires. Ils doivent aussi adapter leurs structures administratives. De son côté, l’Union européenne doit pouvoir intégrer de nouveaux membres.

Le rythme des négociations dépendra ensuite du degré de préparation de chaque pays candidat et de la complexité des questions à traiter. C'est pourquoi, impossible d'estimer à l'avance la durée des négociations avec chaque pays. Une fois les débats terminés, le résultat est incorporé dans un traité d’adhésion, soumis au Conseil européen pour approbation et au Parlement pour accord.

Après sa signature par les Etats membres et les candidats concernés, le traité d'adhésion doit être ratifié par tous ces signataires, parfois par référendum comme ce fut le cas en France. L'adhésion devient effective à la date d'entrée en vigueur du traité. Le pays candidat devient alors un Etat membre de l’Union européenne.

Stéphanie Carion

28/07/2010

A la découverte du quartier européen

parcours.jpgPeut-être les avez–vous déjà aperçues à Bruxelles… Peut-être vous êtes–vous posez la même question que moi : « mais à quoi servent ces colonnes couvertes de bâches imprimées multicolores et plurilingues ? ». Eh bien, ces dix stations urbaines constituent les étapes  d’un parcours-découverte du quartier européen imaginé à l’occasion de la présidence belge de l’Union européenne.

Nombreux sont ceux qui pensent que le quartier européen est un « ghetto » administratif très fermé et rempli de buildings insignifiants. Détrompez-vous, ce quartier est animé par une vie urbaine diversifiée, une architecture passée, présente, mais aussi à venir. Ici, se mêlent culture, histoire, patrimoine, bureaux, vie active, vie festive, et projets d’avenir. Le but de ce parcours urbain est de montrer aux visiteurs ce qu’a été et ce que peut devenir le quartier européen. Si certains habitants regrettent le bon vieux temps, ils tenteront surtout de vous faire rêver ensemble à ce que peut être ce quartier.

Le parcours se décline en une dizaine de thématiques associées à la vie du quartier et une exposition dans l’ancienne gare du quartier Léopold. De la station_Schuman_1.JPGplace Royale au parc du Cinquantenaire, ces stations urbaines invitent le visiteur à imaginer la transformation profonde de ce coin depuis dix ans. Son ambition : devenir un éco quartier européen qui marie un pôle d’emploi international et européen à un pôle de logements diversifiés, de commerces, de services publics, culturel et de bien-être accessible à tous.

Si le quartier Léopold est devenu le carrefour européen de Bruxelles, il est également baptisé « le Montmartre bruxellois », des artistes comme Auguste Rodin, Antoine Wiertz et James Ensor y ont effectivement vécu. C’est d’ailleurs ici que le jeune Rodin a débuté sa carrière de 1871 à 1877. Il a commencé par travailler aux décorations du Palais de la Bourse en construction et a fini par réaliser « l’Âge d’Airain », au moment où il bascule vers la renommée. L’exposition dans la salle des pas perdus (rez-de-chaussée) de l’ancienne gare du quartier Léopold met donc en avant les bas-reliefs de Rodin sauvés de la démolition de l’atelier Carrier-Belleuse. Ce sont des modèles en plâtre de la frise des métiers de la Bourse de Bruxelles.

parcours.jpgPiloté par la Fondation Roi Baudouin, le projet est le fruit de la fondation Ateliers d’artistes sans frontières, animée par les habitants des quartiers qui accueillent les grandes institutions européennes.

Une bonne occasion donc de découvrir le patrimoine de ce quartier bruxellois le temps d’une balade, d’un dimanche, que vous soyez Bruxellois ou tout simplement de passage dans la capitale de l’Europe.

Le parcours-découverte en détails :

la place royale et le caractère cosmopolite de Bruxelles ;
le quartier du Trône et la mobilité ;
le square de Meeûs et les « mutations urbaines » ;
l'esplanade du Parlement européen et « l'espace de citoyenneté » ;
la chaussée de Wavre et le « pari de la rencontre » ;
la place Jourdan et « rêver la ville » ;
la place Jean Rey et le logement ;
la rue de la Loi et le projet de Portzamparc ;
le rond point Schuman et les « chantiers de l'Europe » ;
l'arche du Cinquantenaire et les cultures européennes.

Parcours urbain accessible en continu dans l’espace public.
Exposition dans la gare du Luxembourg : tous les jours de la semaine aux heures d’ouverture + de 11h à 18h le week-end.
Contacts : Emmanuel Legros au 02 549 02 37

Stéphanie Carion

25/07/2010

On en parle, on en parle, mais au fond, c'est quoi le traité de Lisbonne?

traité.jpgPlus que jamais, l'Europe doit faire face à de nouveaux enjeux. Il y a d'abord l'élargissement à 27 états, puis la mondialisation de l'économie, l'évolution démographique, le changement climatique, l'approvisionnement énergétique, mais également les nouvelles menaces qui pèsent sur la sécurité. L'Union européenne doit donc se moderniser face aux transformations rapides du monde actuel. D'où l'importance du Traité de Lisbonne, un tournant majeur dans l'histoire de l'intégration européenne.  

Son objectif, c'est de rénover l'architecture des institutions. Le traité de Lisbonne réorganise donc le fonctionnement de l'Union, il le rend plus efficace et démocratique. Il devrait apporter plus de stabilité à l'UE, plus de visibilité et donc davantage de poids sur la scène internationale. Il ne remplace pas les traités existants et ne fait que les modifier. D'un point de vue juridique, l'Union est désormais régie par deux traités: le traité sur l'Union européenne (TUE) et le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE).traité3.jpg

Les procédures décisionnelles ont été assouplies avec le traité de Lisbonne. Ainsi, le processus de codécision s'étend à de nombreux domaines. Conséquence: les pouvoirs du Parlement européen ont considérablement augmenté, il se trouve désormais sur un pied d'égalité avec le Conseil des ministres dans la prise de décision. Du côté des États membres, le rôle des parlements nationaux est lui aussi renforcé. Ils peuvent s'opposer à un projet d'acte législatif si un tiers des députés estiment qu'il nuit au principe de subsidiarité (assurer une prise de décision la plus proche possible du citoyen par rapport aux possibilités qu'offre l'échelon national, régional ou local).

Le traité de Lisbonne renforce la position de l'Union européenne sur la scène internationale. Henri Kissinger, l'ancien secrétaire d'État américain, se demandait: « L'Europe, quel numéro de téléphone? ». La question peut faire sourire, mais n'est pas anodine. Si l'Europe veut jouer un rôle premier sur le plan mondial, il lui faut des interlocuteurs clairs, des personnalités qui la représentent. C'est ainsi que le traité de Lisbonne met en avant deux postes importants: le Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité assumé par la Britannique Catherine Ashton et le Président permanent du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy.

Grâce au traité de Lisbonne, le citoyen a lui aussi un droit d'initiative. Nous pouvons inviter la Commission européenne à soumettre une proposition au Parlement européen et au Conseil de l'UE. Mais le parcours n'est pas simple, sans doute pour éviter les débordements. Il faut obtenir l'approbation d'un million de citoyen ressortissants d'un nombre significatif d'États membres. Les questions doivent présenter un intérêt pour ces citoyens et relever des domaines de compétences de l'Union européenne.no.jpg

Enfin, à la suite d'une disposition du traité, la Charte européenne des droits fondamentaux obtient une force juridique. Les États membres doivent donc la respecter.

Le traité de Lisbonne est le fruit de longues négociations entre les États membres réunis lors d'une conférence intergouvernementale intégrant également la Commission européenne et le Parlement européen. Il est entré en vigueur le 1er décembre 2009 après avoir été ratifié par chacun des 27 États membres.

Stéphanie Carion